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vendredi 6 juillet 2012

La culture du riz en Mauritanie: cas du Brakna

La culture du riz dans la rive droite du fleuve Sénégal remonte aux premières années de l'indépendance mais s'est surtout intensifié après la sécheresse de 1973 qui avait engendré un déficit de la production agricole traditionnelle. Encadrée par l'Etat à travers une société dénommée SONADER(Société nationale industrielle et minière),l'agriculture irriguée composée essentiellement de la culture du riz associée au maraîchage est pratiquée dans les régions de la vallée où les potentialités en eau sont disponibles à cause la proximité du fleuve Sénégal. Elle se subdivise en deux sous-secteurs:les périmètres irrigués villageois de dimensions réduites (46 ha au maximum) tels que Bakaw, Dar El Barka, Wothie, Wabboundé) et les grands périmètres (plus de 500 hectares) tels que la plaine de Mpourié, le casier pilote de Boghé, les périmètres pilote du Gorgol I et II, Foum Gleîta, Maghama I et II. Les paysans qui sont encadrés par la SONADER disposent du Crédit agricole remboursable à hauteur de 12% en fin de campagne. En effet, l'UNCACEM (Union nationale des coopératives agricoles de crédit et d'épargne de Mauritanie)accorde des crédits en nature (fourniture d'intrants, de gas-oil, achat de motopompes etc.). Cependant les paysans de la vallée en général, ceux du Brakna en particulier, sont confrontés au problème de la faiblesse de la production et du remboursement des créances de l'UNCACEM dont les échéances sont jugées très courtes. c'est ainsi qu'au CPB, de nombreux exploitants ont fini par abandonner pour s'adonner à d'autres activités plus lucratives dans les grands centres urbains comme Nouakchott où ils peuvent trouver des emplois dans le gardiennage, le petit commerce, le transport etc. selon des statistiques fournies par le Conseil d'administration du CPB, la production a chuté de moitié en 20 ans d'exploitation. La plupart des exploitants arrivent à peine à obtenir 2 tonnes à l'hectare alors que dans les conditions normales, la production rizicole peut atteindre, selon un cadre du CNRADA, 8 tonnes à l'hectare. Pour tenter de pallier cette situation, l'Etat a décidé de subventionner les intrants agricoles en fonction des superficies emblavées mais avec des résultats timides. En plus du recouvrement des créances, les paysans sont aussi confrontés au problème de la vétusté des ouvrages (motopompes, canaux, digues) dont certains n'ont jamais été réhabilités depuis 1984. L'inauguration des nouvelles installations de la station de pompage de Boghé par le Président de la république lors de sa visite au Brakna le 17 avril dernier a certes permis de résoudre le problème de l'alimentation en eau de la plaine rizicole mais d'autres problèmes subsistent. enfin, il faut signaler aussi qu'en dépit des multiples défis qui les interpellent, les paysans sont minés par des querelles intestines pour le contrôle de la direction du CPB qui regroupe 12 coopératives villageoises. Le bureau élu depuis plus d'une décennie ne semble plus faire l'unanimité. C'est ainsi que les coopératives qui ne lui reconnaissent aucune légitimité ont décidé de créer une structure parallèle reconnue par le ministère du développement rural qui a désormais deux interlocuteurs dans le traitement du dossier du casier. Ces divergences n'ont pas manqué de se répercuter négativement sur la lutte que mènent les exploitants pour la satisfaction de leurs doléances.

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